La voiture électrique, un hochet pour les simples d’esprit – Première partie

Il y a actuellement au Québec un peu plus de vingt mille voitures électriques pour un parc automobile en comportant cinq millions ; ce qui représente à peu près 0,4 pourcent du parc. Alors, penser que la voiture électrique règlera les problèmes environnementaux[1] qu’on nous décrit inlassablement à chaque jour relève de l’affabulation la plus débile.

Certes, les infantilisés de la rate s’évertueront à stigmatiser ceux qui s’opposent au véhicule électrique en les qualifiant de rétrogrades ou de réactionnaires. De purs dinosaures qu’on devrait enfermer! On ajoutera, afin de bien culpabiliser quiconque oserait critiquer une solution si « évidente » et si « consensuelle »[2], qu’il faudrait pénaliser ceux qui refuseraient de s’adapter au « progrès ». À ces résistants qui n’auraient pas compris le propos machiavélique qui se dissimule sous une pléthore de sophismes, on propose même une euthanasie sélective ou une marginalité dégénérative.

Plus sérieusement, le véhicule électrique est certes un changement notoire dans notre société[3]. Malheureusement, il ne règlera aucun des problèmes environnementaux que cent ans de production pétrolière ont engendrés.

Disons-le tout de suite afin qu’il n’y ait pas d’ambigüité dans mon propos, la voiture électrique est au vingt-et-unième siècle ce qu’était le train électrique pour des gamins tapageurs. On possède une voiture (électrique, avec un moteur à combustion, hybride) comme on signe son nom au bas d’un contrat de crédit. Seuls les simples d’esprit sont dupes d’une idéologie leur faisant croire à la liberté factice que procure une automobile, peu importe son mode de propulsion.

Dans un monde où nous sommes hyperconnectés – enchaînés, asservis, fichés –, on est toujours « liés » à (ou par) quelque chose[4] : une station service, une borne de recharge, un contrat de crédit, une identité. Dans un monde où l’automobile est le marqueur identitaire par excellence, on se demande même comment elle n’a pas encore été bannie de nos sociétés! En effet, ce mode de transport est tout à fait inégalitaire voire discriminatoire.

Mon épouse qui est russe fut étonnement surprise, à son arrivée au Québec, de constater le nombre effarant d’automobiles sur nos routes. Et que dire de ces amas de ferrailles[5] – c’est toujours le destin d’une voiture, de terminer sa « vie » à la casse – qui défigurent les devantures des résidences du Québec.

Chaque famille possède son propre « parc » automobile. En moyenne, quand on sait que la population québécoise adulte en âge de conduire est d’environ sept millions de personnes, plus de soixante-et-onze pourcent des individus possèdent une voiture! Donc, dans une famille de trois enfants en âge de conduire, on devrait normalement retrouver plus de trois voitures garées devant la maison familiale. Pas étonnant que les routes québécoises soient à ce point bondées! Cela dit, les citadins des grandes villes[6] qui bénéficient des transports en commun devraient, en principe, faire baisser ce pourcentage. De plus, les personnes à plus faible revenu n’ont pas toujours les moyens de se payer une voiture. Et que dire des immigrants? Là encore, le revenu est un facteur déterminant pour l’acquisition d’un véhicule à moteur.

Quand on pense que l’Amérique est le lieu de naissance de l’automobile, on se demande bien ce que peut concocter le gouvernement pour faire basculer la population vers les véhicules électriques. Ajoutons à cela l’impossibilité de connaître l’empreinte « écologique » du processus de fabrication d’une voiture, à cause de la confidentialité[7] du procédé. On peut donc imaginer sans crainte de trop de se tromper que le virage ne sera pas pour demain. Dans une société fortement individualisée, il est improbable voire impossible qu’un symbole de la sorte disparaisse aussi rapidement.

Et pourtant. Quatre-vingt-quinze pourcents des objets et des processus constituant le monde qui nous entoure existent à cause des énergies fossiles. Qu’arrivera-t-il quand celles-ci seront épuisées, ou quand leur coût d’utilisation deviendra trop grand? Serons-nous forcés de nous adapter sans alternative? Devrons-nous affronter un changement de civilisation qui pourrait survenir beaucoup plus rapidement que prévu?

Les véhicules électriques semblent certes très attrayants pour quiconque en fait l’essai. Mais au-delà de l’effet d’annonce, un véhicule est un simple moyen pour se déplacer entre deux endroits. Tous les gadgets que nous offrent les fabricants d’automobile sont autant de façon de nous convaincre que notre individualité n’est pas négociable.

Observons la tendance québécoise liée à l’automobile. Les véhicules neufs inondent littéralement les routes québécoises. Les minounes de jadis ont littéralement disparues de la circulation. Pire, les automobiles d’aujourd’hui sont de plus en plus luxueuses[8] et de plus en plus onéreuses. Également, on semble retrouver, en possédant une voiture le moindrement luxueuse – et même les modèles les moins dispendieux offrent leur lot de gadgets inutiles –, le goût du colifichet. Ajoutons à cela la propension non négligeable des individus qui accordent plus d’importance à leur voiture qu’à leur entourage, et sont là réunis de très grands facteurs de résistance au changement.

Dans une société matérialiste, l’automobile est au centre de l’identité. On ne viendra donc pas me faire croire que le fait de posséder (à crédit fort probablement) une voiture électrique ferait de son propriétaire un amant de la nature ou une personne plus libre! Quand on sait que la moyenne annuelle des déplacements individuels au Québec avoisine les quarante-quatre mille kilomètres[9], on peut raisonnablement penser que les gens passent plus de temps dans leur voiture que dans leur résidence. Pour terminer, il est farfelu de croire que nous effectuerons un virage vert et que notre société optera pour un mode de vie nettement plus écologique. Dans un monde individualiste et matérialiste, les changements doivent émaner des individus. D’ailleurs, ne dit-on pas qu’en politique, les choses changent quand les gouvernants décèdent! Et encore…

Quant à la voiture électrique, on la verra ça & là orner l’allée de maisons bien nanties, parmi les autres véhicules de la famille. Ce n’est pas parce qu’une voiture est propulsée par un moteur électrique (je n’ai pas fait allusion, dans cet article, aux batteries d’accumulateurs qui nécessitent, pour leur fabrication, une très grande quantité d’électricité et de lithium, métal disponible en quantité finie, je le rappelle) que ça rend son propriétaire plus soucieux de son environnement. Narcisse ne changera pas de nom pour autant…

[1] Quand on secoue un peu le soi-disant consensus d’experts sur les changements climatiques d’origine entropique, on découvre, non sans effarement, que le crime a contaminé toutes les strates des sociétés. Ainsi, ce que les médias de masse véhiculent comme idéologie démontre l’impossibilité d’une position rationnelle et critique. Certes, on nous serine constamment à l’oreille que nous sommes incapables de comprendre la science, nous, pauvres citoyens massifiés, et que nous devons toujours nous en remettre à des experts en la matière. Dans une société où on infantilise les individus pour mieux les contrôler, on ne saurait procéder autrement. Qu’un infâme profane ose remettre en cause la thèse officielle scandée par l’opinion courante voire qu’il transgresse le tabou du politiquement correct en s’interrogeant (le questionnement, aujourd’hui, est synonyme de maladie mentale, que les critiques se le tiennent pour dit) sur les apories douteuses que la culture du consensus masque pour mieux ridiculiser le sens critique, et on assiste à un lynchage catégorique entrepris par l’ensemble de la bien-pensance. Simplement, nous ne sommes pas autorisés à critiquer les positions officiellement bien campées des scientifiques. Nous devons les croire sur parole. Dans un monde où l’on se vante d’avoir abattu tous les tabous pour mieux bafouer l’idée de liberté, on oublie souvent qu’un monde sans interdits est un monde violent et barbare. Ainsi, les gens acceptent sans réfléchir ce qu’on leur dit et s’en contentent. Comment ne pas alors soupçonner qu’ils ne possèdent aucune intelligence intellectuelle susceptible de les éclairer sur le monde qui les entoure. À l’ère de l’environnement virtuel et des objets connectés, on constate que le niveau intellectuel de la masse, malgré toute la pléthore d’informations dont elle est bombardée à chaque instant, diminue dangereusement, laissant des pans entiers de la société aux mains de charlatans sans scrupules. Parler de crime est un euphémisme ; car il est extrêmement difficile de contrer tous les acteurs sociaux qui le portent sur eux comme un vêtement bien ajusté. Jadis, on criait « Le Roi est nu » afin de dévoiler l’absurde qui avait usurpé le pouvoir. Aujourd’hui, c’est l’absurde qui dénonce et condamne le bon sens afin de le faire taire.

[2] Le consensus dissimule bien son arnaque. Détenant tous les leviers du pouvoir, il domine quiconque tente de s’affranchir du discours ambiant et lénifiant. Le matérialisme sectaire et viscéral impose son diktat à l’esprit et à l’intelligence. C’est le triomphe de la chair qui refuse de mourir. Mais, qu’à cela ne tienne, la technologie la fera taire ou la connectera! Nous nageons en pleine schizophrénie alors que les fous déclarent, le plus sérieusement du monde, que la seule manière de « sauver la planète » est de libéraliser entièrement les échanges. Bientôt, nous ne serons plus que des flux d’informations stockées dans des bases de données dont on pourra disposer sur commande.

[3] Et pourtant, ce n’est ni plus ni moins qu’une simple voiturette de golf pour paresseux patentés!

[4] Nous sommes constamment chosifiés, instrumentalisés, désubjectivés, ce dernier terme étant emprunté à Giorgio Agamben, dans son admirable petit essai intitulé Qu’est-ce qu’un dispositif?

[5] Eh oui! Les voitures neuves vieillissent également! Et on ne se contente plus de les réparer après un accident ; on les recycle de plus en plus précocement – car, dans un monde matérialiste, se balader dans une voiture réparée constitue un échec retentissant pour quiconque aspire au succès – en prélevant leurs pièces pour alimenter le marché très lucratif de la revente.

[6] Le pluriel utilisé, ici, est un abus de langage! Au Québec, il n’existe qu’une seule métropole : Montréal. Les autres villes de la Belle Province ne sont que de vulgaires « bourgades » sans aucune planification urbaine et n’offrant aucun transport collectif capable de créer un centre vivant, dense et riche en diversité.

[7] L’anonymat et le secret sont des caractéristiques des sociétés basées sur le crime ; et il ne faudrait pas confondre intimité et transparence. Le criminel notoire sait bien que, pour dissimuler son mensonge, il doit accuser le premier. Ainsi, on incite les gens « ordinaires » à la transparence dans un monde de plus en plus opaque et hypocrite. On évoque constamment la confidentialité pour éviter de répondre de ses actes. Même les individus se servent de cette « gamique » pour instrumentaliser l’autre, pur réflexe infantile traduisant la dégénérescence d’une société et l’individualisme crasse.

[8] Une voiture de luxe propulsée par un moteur électrique nécessite une quantité non négligeable d’énergie pour sa fabrication. Réduire le nombre de colifichets que l’on retrouve dans ces automobiles contribuerait certes à réduire la pollution atmosphérique. Mais là encore, on ne s’attaque pas au réel problème. Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, le libéralisme appartient à l’« élite » alors que le socialisme est le lot – au sens de loterie – de la masse.

[9] Source : Guide sur l’immatriculation IRD – Gouvernement du Québec, Édition 2017

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