La beauté du monde!

IMAG0300Ce matin encore, elle se cachait dans le ventre de ma fille. Quelques heures plus tard, je la tenais dans mes bras! Elle me regardait avec cette petite curiosité étrange qu’ont les nouveaux nés et qui pourtant traverse le temps, remplace nos plus sordides illusions, nous enseigne l’immensité. Ce monde si grand! Comment vais-je faire pour le meubler, l’habiter, me murmura-t-elle à travers son regard neuf? Y trouverai-je ma place? Devrai-je la forger à partir de rien?

Et pourtant, je ne me rappelle pas mon origine. Comment pourrais-je imaginer mon idéal? Ce vieil homme[1] qui me regarde. Jouera-t-il un rôle déterminant dans mon existence?

Comme une formidable destinée, Opale s’étonne pendant que je décris ses premiers instants dans le monde des hommes, des fous. Qui sait? Peut-être découvrira-t-elle, un jour, que le monde qui l’a accueillie pensait déjà sans elle, vivait déjà avant elle, créait déjà avant même qu’elle ait eu l’idée de l’idée.

Un jour viendra où le monde la raviva, où elle se mesurera à lui. Un jour, peut-être, elle le renversera! Et ce monde, qui aura pensé sans elle, déjà vécu avant elle, aura créé avant même qu’elle ait eu l’idée de l’idée, cessera peut-être d’être lui-même pour devenir un autre.

Le monde que j’observe se meurt et ne me laisse pas en repos. Il est vil, mesquin et ignorant. À la naissance, nous sommes des dieux! Mais dès que le processus de dégénérescence commence, nous nous mettons à penser! À la fin de notre vie, nous avons tellement pensé que nous avons oublié que penser est un acte dangereux. Nous oublions que notre venue dans ce monde ne doit pas être un accident de la nature ou un acte planifié, pensé, prémédité. Non! Cette venue au monde doit être spontanée, surprenante ; elle doit refondre notre vie. Ne devrions-nous pas, à chaque instant, brasser de nouveau les cartes de notre existence afin de jouer le tout pour le tout?

Aujourd’hui, une pierre si précieuse – qu’aucun joaillier, si divin et talentueux soit-il, ne pourra jamais tailler – prénommée Opale a transformé mon regard sur le monde. Elle ne m’a rien dit ; n’a rien décrété ; n’a pas tenté de renverser ce monde qui marche déjà sur la tête! Non! Ce petit bout d’immensité s’est contenté d’être ; petite, délicate, neuve, et combien étrange.

À ma fille Katherine qui a façonné ce chef-d’œuvre, avec la « perle » rare – Solli – qui lui sert d’alter ego et de démiurge, je dis que la force de la vérité seule peut créer un monde à la mesure d’une pierre précieuse comme Opale! Il vous faut créer ce monde afin que la vérité triomphe à faire rosir les joues de cette nième merveille du monde.

On ne le dira jamais assez. L’homme est un être spirituel. Tout le reste n’est qu’illusion.

En plongeant mon regard dans les yeux d’Opale, ce soir, j’ai cru entrevoir l’immensité du monde! Et c’est là, et là uniquement, que réside la vérité!

[1] Comment sais-je qu’il s’agit d’un homme! Je n’en avais jamais vu auparavant! C’est clair! Quelqu’un parle à ma place. Mais qui?

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